Les actes que vous adressez ailleurs sont votre véritable programme de formation..
Par Dr. Lotfi Benyahia
publié le
Formation continue
Pendant trente jours, notez les actes que vous adressez, ceux que vous réalisez sans certitude et les plans refusés. Cette liste est le seul programme de formation qui soit vraiment le vôtre — et elle est plus courte que vous ne le croyez.
Les actes que vous adressez ailleurs sont votre véritable programme de formation
Vous connaissez la phrase. Vous l'avez écrite des dizaines de fois.
« Cher confrère, je vous adresse Madame B. pour… »
Cette lettre est la chose la plus honnête que produit votre cabinet. Elle ne ment pas, elle ne flatte pas, elle ne s'arrange avec rien. Elle dit exactement où s'arrête ce que vous savez faire — et elle le dit chaque fois que vous la signez.
Le problème n'est pas de l'écrire. Adresser un patient est parfois la bonne décision, et un praticien qui n'adresse jamais rien devrait s'inquiéter davantage que celui qui adresse souvent. Le problème est que personne ne les compte.
Or ces lettres, mises bout à bout sur trente jours, forment quelque chose qu'aucun catalogue de formation ne pourra jamais vous donner : un programme de formation objectif, personnalisé, et fondé sur vos patients réels plutôt que sur vos envies.
L'audit des trente jours
C'est le seul exercice de cet article, et il ne coûte rien. Pendant trente jours d'exercice, notez trois colonnes sur une feuille laissée près de votre bloc d'ordonnances.
- Colonne 1 — Les actes adressés. Chaque patient envoyé ailleurs, et pourquoi. Pas la formulation diplomatique de la lettre : la vraie raison.
- Colonne 2 — Les actes réalisés en retenant votre souffle. Ceux que vous faites, correctement, mais dont vous n'êtes pas certain à l'avance. Ceux dont vous vérifiez le résultat avec un soulagement mal dissimulé.
- Colonne 3 — Les plans de traitement refusés. Quand un patient décline, ce n'est pas toujours une question d'argent. C'est souvent une question de conviction — la vôtre, perçue par lui.
Au bout de trente jours, regardez la liste.
Deux choses vont vous surprendre. La première : elle est courte. Presque personne n'a quarante lacunes. La plupart des praticiens installés depuis dix ans ou plus en ont quatre à six. La seconde : elle est groupée. Les items ne sont pas dispersés au hasard sur toutes les disciplines. Ils se concentrent, presque toujours, sur un ou deux blocs très identifiables.
Ces blocs, nous les voyons revenir en formation depuis des années. Il y en a trois.
Le mur du bistouri
C'est le plus fréquent. Vous diagnostiquez correctement, vous savez ce qu'il faudrait faire, et vous vous arrêtez au moment où il faut inciser.
Élongation coronaire avant une couronne sur une dent délabrée. Gingivectomie sur un sourire gingival. Récession qui progresse et qu'il faudrait recouvrir. Dent incluse à dégager en zone esthétique. Lésion endo-parodontale dont vous ne savez pas si elle relève d'abord de l'un ou de l'autre. Accroissement gingival chez un patient sous traitement médicamenteux.
Le blocage n'est presque jamais manuel. Un praticien qui pose des sutures après une extraction complexe possède la dextérité nécessaire. Ce qui manque, c'est la séquence : quel tracé d'incision pour quel objectif, où placer la ligne de tension, quel type de suture pour quelle épaisseur de tissu, quand un greffon conjonctif est indispensable et quand il ne l'est pas, quels facteurs déterminent réellement le taux de recouvrement radiculaire.
C'est un savoir décomposable. Il s'apprend, dans l'ordre, et il change une pratique en quelques mois — parce que la chirurgie parodontale n'est pas une spécialité lointaine : c'est le prolongement direct d'actes que vous faites déjà.
C'est ce que couvre le Perio Campus™ — The Modern Periodontal Workflow™, du diagnostic à la maintenance : démystifier les incisions et sutures, les élongations coronaires esthétiques, la gingivectomie, les accroissements gingivaux médicamenteux, la PRF, les facteurs influençant le recouvrement radiculaire, le greffon conjonctif sous-épithélial, l'aménagement parodontal des inclusions en zone esthétique, la régénération parodontale des dents compromises, la gestion des lésions endo-parodontales — et la prise en charge complète du patient parodontal, étape par étape.
S'y ajoute une compétence qui n'est plus optionnelle : savoir expliquer le lien entre santé parodontale et santé générale. Les rapports de consensus conjoints de l'EFP avec la Fédération internationale du diabète (2018) puis avec la World Heart Federation (2020) ont fait de la parodontite un sujet médical, pas seulement dentaire. Un praticien qui sait tenir ce discours obtient une acceptation de plan de traitement sans commune mesure avec celui qui parle de « détartrage ».
Le mur du foret
Deuxième bloc, et le plus coûteux. Il prend deux formes.
Soit vous ne posez pas d'implants du tout, et chaque édentement unitaire quitte votre cabinet. Soit vous en posez, mais uniquement dans les situations que vous jugez simples — et vous adressez tout le reste, c'est-à-dire l'essentiel.
Là encore, le blocage est mal identifié. Un praticien qui réalise des avulsions complexes sait forer. Ce qui manque, c'est la chaîne complète : lire un cone beam autrement qu'en mesurant une hauteur, construire le projet prothétique avant de choisir le site, comprendre ce qui détermine réellement la stabilité primaire, savoir quel type de connectique impose quelles contraintes, anticiper la complication au lieu de la découvrir.
Un implant n'est pas un geste. C'est un enchaînement de décisions dont la chirurgie n'est que le milieu.
C'est la raison pour laquelle l'Implant Campus™ — Implant-Mastery™ Program est construit en modules successifs plutôt qu'en interventions isolées :
- Fondements biologiques et biomécanique — introduction à l'implantologie, anatomie, ostéointégration, les préalables à la chirurgie implantaire, protocole chirurgical, incisions et sutures, puis un premier passage au geste : pose d'implant sur modèle typodont en workshop.
- Planification implantaire — techniques radiographiques 2D et 3D, projet prothétique en implantologie, chirurgie guidée, autres techniques implantaires, et un second workshop de planification sur logiciel.
- Prothèse implantaire — connectique, empreintes, types de prothèses, temporisation, occlusion.
- Complications et maintenance à long terme — choix implantaire, complications biologiques, complications mécaniques, suivi.
- Paro-implantologie et tissus mous — préparation pré-implantaire, protocoles de cicatrisation, gestion des tissus mous péri-implantaires, approche diagnostique et stratégie thérapeutique des péri-implantites, maintenance à long terme.
Et surtout, ce qu'aucune vidéo ne remplace : une journée chirurgicale finale, pose d'implant sur patient, sous supervision directe du formateur, avec application complète du protocole. Puis douze mois de suivi personnalisé — accès illimité aux modules, groupe privé de coaching, et support quand une complication survient. Parce que le moment où un praticien a réellement besoin de son formateur n'est pas le jour de la formation : c'est trois semaines plus tard, à 19 h, devant un cas qui ne se comporte pas comme prévu.
Le mur de l'édenté
Le troisième bloc est le seul dont personne ne parle en congrès, et c'est précisément pour cela qu'il mérite d'être nommé.
La prothèse adjointe n'est pas prestigieuse. Elle ne fait pas de belles photographies. Elle ne génère aucun like. Et pourtant, dans la réalité d'un cabinet en Algérie, elle représente un volume considérable — et un volume de frustration au moins égal.
La prothèse complète qui revient trois fois. Les doléances post-prothétiques qu'on ne sait pas traiter autrement qu'en meulant. La stabilisation d'une mandibulaire résorbée. Le châssis métallique que l'on préfère ne pas concevoir soi-même. La relation centrée enregistrée « à peu près », dont on découvre le prix au montage.
Ici, l'écart n'est pas un manque d'information : c'est un manque de méthode d'enregistrement. La prothèse adjointe est la discipline la plus impitoyable qui soit, parce que chaque approximation d'une étape se paie intégralement à l'étape suivante — et que le patient, lui, ne juge que la dernière.
Le Prostho Campus™ — The Predictable Prosthodontic Workflow™ traite cette chaîne dans les deux directions :
- Prothèse totale adjointe — anatomie de l'édenté total et vieillissement du massif facial, facteurs d'équilibre, empreintes préliminaires et secondaires, mise en condition tissulaire, prothèse piézographique, plan d'occlusion, dimension verticale, relation centrée, montage, insertion et gestion des doléances post-prothétiques, avec une journée pratique de démonstration de cinq heures.
- Prothèses partielles métalliques — conception et réalisation, en plusieurs sessions.
- Prothèse conjointe et dentisterie adhésive — empreintes en prothèse fixée, inlays et onlays (principes biologiques, procédures cliniques, intégration esthétique), facettes en dentisterie adhésive moderne.
Un praticien qui maîtrise réellement l'édenté total ne manque jamais de travail. C'est peut-être l'investissement au rendement le plus élevé, et le moins disputé.
Pourquoi une bibliothèque de vidéos ne suffit pas
Vous pouvez trouver, gratuitement, une vidéo sur chacun des sujets ci-dessus. Cela fait quinze ans que c'est vrai. Et cela fait quinze ans que le niveau moyen n'a pas bougé pour autant.
La raison est simple : regarder n'a jamais produit un geste. Quatre conditions transforment une information en compétence, et une vidéo isolée n'en remplit qu'une.
- L'ordre. Les disciplines se conditionnent. La prothèse implantaire ne se comprend pas avant le projet prothétique ; le recouvrement radiculaire ne s'aborde pas avant les principes d'incision et de suture. Une bibliothèque vous laisse choisir dans le désordre — et le désordre est la première cause d'échec en autoformation.
- La répétition disponible au bon moment. Le moment où une démonstration a le plus de valeur n'est pas le jour où elle est publiée. C'est la veille du cas. Une formation qu'on ne peut pas revoir à 22 h, la veille, ne sert qu'une fois.
- Le passage au geste. Entre comprendre et savoir faire, il y a un intervalle que seul l'entraînement encadré franchit : un typodont, une journée pratique, une intervention sur patient sous supervision.
- Le retour sur vos propres cas. Vos difficultés ne sont pas les difficultés génériques. Le point de blocage d'un praticien est presque toujours invisible pour lui-même et évident pour un confrère plus expérimenté. Sans ce regard, vous répétez la même erreur avec application.
Une plateforme sérieuse n'est donc pas un catalogue. C'est un cursus : un ordre, une disponibilité permanente, un passage au geste, et quelqu'un à qui montrer vos cas.
Ce qui existe déjà — et ce qui s'ajoute chaque semaine
Tout ce qui est décrit plus haut est déjà en ligne dans LB Dental Academy™, réparti sur quatre campus qui suivent l'ordre de dépendance clinique : Endo Campus™, Perio Campus™, Prostho Campus™, Implant Campus™.
Mais l'essentiel n'est pas ce qui existe. C'est le rythme.
Une nouvelle masterclass est ajoutée chaque semaine. En direct, avec la possibilité de poser vos questions ; puis en replay, accessible 24 h/24 pendant les douze mois d'abonnement. Vous ne pouvez pas assister au direct un mardi soir ? Le contenu ne disparaît pas. Il rejoint la bibliothèque, et il y reste.
Cette mécanique a une conséquence qu'il faut mesurer : votre accès prend de la valeur avec le temps. Une formation ponctuelle vaut le maximum le jour où vous la suivez, puis se déprécie. Une plateforme qui s'enrichit chaque semaine fait l'inverse. Au bout de douze mois, vous n'avez pas consommé un produit : vous avez accompagné un corpus qui a grossi sous vos yeux.
S'y ajoutent trois éléments qui font la différence entre regarder et progresser :
- LB-Démonstrations™ — de vraies démonstrations cliniques filmées étape par étape, où l'on voit le geste et le raisonnement qui le précède.
- LB-Community™ — un accès direct aux professeurs dans une communauté privée : vos cas, vos radiographies, votre plan de traitement, commentés.
- LB Dental Marketplace™ — une sélection de produits dentaires testés et approuvés, à tarifs réservés aux membres.
Le tout depuis l'application, au cabinet comme chez vous, depuis les 58 wilayas et depuis l'étranger. Plus de 1 000 dentistes et étudiants ont suivi cette voie depuis 2024.
Le calcul que vous pouvez faire ce soir
Reprenez votre liste des trente jours. Comptez les actes de la colonne 1. Multipliez par leur valeur moyenne dans votre cabinet. Multipliez par douze.
Nous ne donnons volontairement aucun chiffre ici : le vôtre est le seul qui compte, et il est presque toujours plus élevé que ce que le praticien anticipe. Comparez-le ensuite au coût d'une année de formation.
Puis ajoutez ce qui ne se chiffre pas : le patient adressé qui ne revient pas, le plan de traitement refusé faute de conviction, et la fatigue particulière de faire un métier en dessous de ce qu'on pourrait en faire.
Par où commencer, concrètement
- Faites l'audit. Trente jours, trois colonnes. Sans indulgence et sans dramatisation.
- Choisissez un seul acte. Le plus fréquent de la liste, pas le plus impressionnant. Un praticien qui commence par l'élongation coronaire progresse plus vite que celui qui commence par la greffe osseuse.
- Travaillez la séquence complète, pas le geste. Indication, temps opératoire, matériel, suites, gestion de l'échec. Revoyez la démonstration jusqu'à pouvoir la réciter.
- Fixez la date du premier cas. Dans les trente jours, sur une indication franche. Un acte appris et jamais réalisé s'efface en six semaines.
- Faites-le relire. Photographiez avant et après, soumettez le cas, encaissez la critique. C'est l'étape que tout le monde saute, et c'est celle qui fait la différence.
Puis recommencez avec le deuxième acte de la liste. Six acquis en un an suffisent à changer la nature d'un cabinet.
Si vous voulez l'architecture complète sur douze mois, nous l'avons détaillée dans comment structurer une année de progression clinique. Et si vous vous demandez pourquoi cet écart s'est creusé si vite, la réponse est ici.
Questions fréquentes
Faut-il assister aux masterclasses en direct ? Non. Le direct permet de poser vos questions au formateur, ce qui a une vraie valeur. Mais chaque session rejoint ensuite la plateforme en replay, accessible 24 h/24 pendant toute la durée de votre abonnement. Le format est conçu pour un praticien qui exerce, pas pour un praticien disponible.
Une nouvelle masterclass par semaine : cela fait-il un contenu superficiel ? C'est l'inverse. Le rythme hebdomadaire permet de traiter un sujet précis en profondeur plutôt qu'un panorama en trois heures. Une masterclass consacrée entièrement aux facteurs du recouvrement radiculaire ou à la mise en condition tissulaire va bien plus loin qu'un chapitre de congrès.
Les nouvelles masterclasses sont-elles facturées en supplément ? Non. Les masterclasses ajoutées pendant vos douze mois d'accès sont incluses. C'est ce qui fait qu'un abonnement prend de la valeur au fil de l'année au lieu d'en perdre.
Y a-t-il de la pratique, ou seulement de la vidéo ? Les deux, et c'est délibéré. L'Implant-Mastery™ Program comporte des workshops — pose d'implant sur typodont, planification sur logiciel — et se conclut par une journée chirurgicale sur patient sous supervision directe du formateur. Le Prostho Campus™ inclut une journée pratique de démonstration de cinq heures en prothèse adjointe complète.
La prothèse adjointe complète vaut-elle vraiment une formation aujourd'hui ? C'est l'une des disciplines les plus rentables et les moins disputées. Elle concerne une part importante de la patientèle, elle est peu enseignée après la graduation, et elle est impitoyable avec l'approximation. Un praticien qui la maîtrise se distingue immédiatement.
Peut-on soumettre ses propres cas cliniques ? Oui. C'est le cœur de LB-Community™ : diagnostic, plan de traitement et interprétation radiographique, avec un retour des formateurs. Le suivi personnalisé de l'Implant-Mastery™ Program va plus loin encore, avec douze mois de support incluant la gestion des complications.
Je suis jeune diplômé. Est-ce adapté ? Oui, et particulièrement. Le format en ligne permet de revoir une séquence autant de fois que nécessaire — ce qu'une formation en présentiel ne permet jamais. La seule recommandation est de respecter l'ordre : endodontie et parodontologie d'abord, prothèse ensuite, implantologie en dernier.
Combien de temps par semaine faut-il y consacrer ? Trois heures régulières suffisent. Une session hebdomadaire fixe produit davantage qu'une journée entière tous les deux mois.
En résumé
Vous n'avez pas besoin qu'on vous dise quoi apprendre. Votre cabinet vous le dit déjà, chaque semaine, dans une écriture que vous reconnaissez : la vôtre, en bas d'une lettre d'adressage.
La seule question est de savoir si cette liste sera encore la même dans un an.
Faites l'audit des trente jours. Puis venez chercher les actes qui s'y trouvent.
Rejoignez LB Dental Academy™ : douze mois d'accès complet aux quatre campus, une nouvelle masterclass chaque semaine, les démonstrations cliniques, les workshops pratiques et la communauté privée. Notre équipe vous contacte sous 24 h. Une question avant de vous décider ? Écrivez-nous sur WhatsApp au +213 562 55 41 95.
Les contenus publiés par la Division scientifique de LB Stomatology® ont un objectif purement éducatif et s'adressent aux professionnels de santé dentaire. Ils ne se substituent pas au jugement clinique du praticien. Le programme des masterclasses évolue et s'enrichit ; la composition des campus est mise à jour en continu sur la plateforme.